mercredi, novembre 14, 2007

Splendeur toute nue!

On la croirait sortie de nos rêves les plus fous! Il s'agit du «Portrait de Mademoiselle Duthé sortant du bain» (vers 1785), par Lié-Louis Périn-Salbreux (1753-1817). Un nouveau coup de coeur pour moi envers cette oeuvre d'un peintre du 18e siècle que je ne connaissais pas! Cette Mademoiselle Duthé était comédienne et courtisane. On comprend aisément que l'artiste ait voulu immortaliser une pareille beauté à l'état pur! Les nus du XVIIIe siècle sont indépassables! Vive la beauté! Vive la femme!

mercredi, octobre 17, 2007

Un grand poète de la pensée!

Alphonse de Lamartine (1790-1869) est un immense écrivain! On a tort de moins le lire aujourd'hui, car il a beaucoup à nous apprendre! Sa poésie est d'une grande fluidité et d'une profondeur surprenante! Son recueil «Méditations poétiques» et son roman en vers «Jocelyn» en sont de bons exemples! «Jocelyn» contient 9000 vers partagés en neuf «Époques». Le héros, Jocelyn, est ordonné prêtre dans une prison de Grenoble pendant la Terreur. Le manuscrit est présenté comme étant le «journal» de Jocelyn, trouvé par le poète, qui reprend la parole dans l'Épilogue. Le Narrateur est déchiré, puisqu'il vit une belle et grande histoire d'amour, mais est contraint au renoncement de l'amour humain (sacrifice de vie), étant donné sa condition de prêtre. En dépit de certaines invraisemblances, l'oeuvre demeure un grand poème. Ses admirateurs contemporains le voyaient un peu comme un Racine moderne ou un Chateaubriand en vers! Même si les comparaisons sont toujours boiteuses, elles demeurent tout de même révélatrices. Sa vie durant, Lamartine n'aura cessé de se poser la «grande question», celle du sens de la vie: le «secret du monde». C'est pourquoi je le présente comme le «poète philosophe». L'étude de sa pensée, qui se manifeste par la beauté de l'expression (poésie), n'a pas fini de nous étonner! Il ambitionnait justement d'écrire un immense poème philosophique qui se serait intitulé «Les Visions». Il semblerait que «La Chute d'un ange» et «Jocelyn» soient les «vestiges» de cette «cathédrale ébauchée». Le premier ouvrage étant le porche, le second le choeur. Pourtant, les «Méditations poétiques» sont un monument alliant à merveille la beauté à la réflexion! Il y est question, en gros, d'une âme en quête de bonheur et de vérité. C'est une rêverie ascendante: contemplation, réflexion, élévation. L'auteur s'efforce de parvenir à la fusion du visible et de l'invisible par la «musique harmonieuse» de la poésie! De ce livre, le poème intitulé «Dieu» exprime à merveille la quête d'absolu de l'auteur. Dans «Le Crucifix», poème tiré des «Nouvelles Méditations poétiques», son espérance chrétienne se manifeste . Quiconque ignore chez lui cette visée vers le sublime n'a pas pris la vraie mesure de cet homme décidément «hors normes»! Lamartine a été un mystique de la poésie!

mercredi, septembre 12, 2007

Trinité mythologique

«Vénus, Mercure et Amour» (vers 1525) , par Le Corrège
Au 16e siècle, les scènes mythologiques s'avéraient le prétexte idéal pour peindre «légitimement» des nus. Cela nous a valu de nombreux chef-d'oeuvres montrant le corps humain dans toute sa splendeur! C'est le cas de ce tableau du Corrège. Il pourrait tout aussi bien s'intituler «Éloge du corps chez l'Homme, la Femme et l'Enfant»! Une magnifique réussite de ce grand peintre italien!

lundi, septembre 10, 2007

Une beauté classique!

«Diane de Poitiers» (1571), par François Clouet (1510-1572)
Ce tableau est assurément l'un des plus beaux de l'histoire de la peinture! La grâce et la beauté atteignent ici un suprême degré de perfection! La féminité et la maternité y sont honorées de splendide façon! Une merveille!


vendredi, septembre 07, 2007

Superbe corps!

«La Femme au tub» (v.1891), par Edgar Degas (1834-1917)
Degas parvient à merveille à rendre toute la sensualité du corps féminin dans ses belles rondeurs. Ce magnifique tableau nous prouve de façon éclatante que la beauté à l'état pur existe aussi dans le quotidien. Ici, le modèle ne «pose» pas, mais accomplit une tâche élémentaire: se laver. Quant à moi, j'aurais bien envie de l'aider en lui savonnant le dos! Une réussite totale du grand Degas!

La belle domestique!

«La Belle Chocolatière» (v.1744-1745), par Jean-Étienne Liotard
La beauté de cette scène du quotidien suscite l'admiration! Je ne connaissais pas Jean-Étienne Liotard. C'est une très heureuse découverte pour moi!
Le beau visage de cette bonne exprime le respect et le dévouement. Son habillement dégage une certaine noblesse dans sa simplicité et son bon goût. Les couleurs sont très bien agencées. Du Grand Art!

Le dilemme

«Bethsabée» (1654), par Rembrandt
Cette magnifique peinture de Rembrandt exprime un terrible dilemme pour Bethsabée, personnage biblique. Elle vient de recevoir une missive du roi David lui enjoignant de la rejoindre, car celui-ci se sent fou de désir pour elle depuis qu'il l'a entraperçue au bain. Comme elle est mariée à Urie (militaire respecté), elle est déchirée entre l'obéissance à son roi et la fidélité à son mari! La splendeur de son corps ne nous fait pas oublier la tristesse de son visage, car, quel que soit son choix, elle en subira les conséquences: punition en cas de désobéissance ou remord en cas d'adultère! Situation cornélienne! Le génie de Rembrandt consiste ici à nous émouvoir à la fois pour la beauté de Bethsabée et pour l'angoisse qu'elle ressent à l'idée du choix déchirant qu'elle est tenue de faire. Un chef-d'oeuvre absolu!





jeudi, août 30, 2007

Élisabeth Vigée-Lebrun

«Autoportrait» (années 1780), par Élisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842)
Je viens de découvrir tout récemment cette superbe et excellente artiste du 18e siècle!
Cer autoportrait me plaît énormément! L'artiste y reproduit sa beauté, mais sans ostentation. Elle est élégamment vêtue, mais sans chercher à jeter de la poudre aux yeux. Elle s'y peint avec palette et pinceaux, montrant ainsi clairement sa fonction. Sa renommée était considérable, puisqu'elle a été peintre de cour. Elle a immortalisé les membres de la famille royale (celle de Louis XVI). Je considère toutefois cet autoportrait (il y en a eu au moins un autre) comme sa plus grande réussite!


mercredi, août 15, 2007

Proust l'homme

Je crois pouvoir affirmer que l'homme Marcel Proust (1871-1922) est aussi riche et singulier que son oeuvre grandiose «À la recherche du temps perdu». Ce créateur génial était un être d'exception. On va même jusqu'à affirmer (et j'en suis!) qu'il est l'«Einstein de la littérature»! Ceux qui l'ont côtoyé de près ont tous été fortement impressionnés par sa personnalité, sa façon d'être et sa vive intelligence. Voici justement quelques témoignages fort révélateurs concernant l'homme et son oeuvre.
Colette
[À propos de «Du côté de chez Swann»]
"Tout ce qu'on aurait voulu écrire, tout ce qu'on n'a pas osé ni su écrire, le reflet de l'univers sur le long flot, troublé par sa propre abondance..."
Léon-Paul Fargue
"Il dégageait de la bonté amère."
Ramon Fernandez
"Cette miraculeuse voix, prudente, distraite, abstraite, ponctuée, ouatée, qui semblait former les sons au-delà des dents et des lèvres, au-delà de la gorge, dans les régions mêmes de l'intelligence... Ses admirables yeux se collaient matériellement aux meubles, aux tentures, aux bibelots; par tous les pores de sa peau, il semblait aspirer la réalité contenue dans la chambre, dans l'instant, dans moi-même; et l'espèce d'extase qui se peignait sur son visage était bien celle du médium qui reçoit les messages invisibles des choses."
Edmond Jaloux
"Il y avait (en 1917) dans son physique même, dans l'atmosphère qui flottait autour de lui, quelque chose de si singulier que l'on éprouvait à sa vue une sorte de stupeur. Il ne participait point à l'humanité courante; il semblait toujours sortir d'un cauchemar, et aussi d'une autre époque, et peut-être d'un autre monde: mais lequel?
[...]
À vrai dire, cette description ne me satisfait guère; il y manque ce je ne sais quoi qui faisait sa singularité: mélange de pesanteur physique et de grâce aérienne de la parole et de la pensée; de politesse cérémonieuse et d'abandon; de force apparente et de féminité. [...] On était à la fois en face d'un enfant et d'un très vieux mandarin."
François Mauriac
"Je revois cette chambre sinistre de la rue Hamelin, cet âtre noir, ce lit où le pardessus servait de couverture, ce masque cireux à travers lequel on eût dit que notre hôte nous regardait manger, et dont les cheveux seuls paraissaient vivants. Pour lui, il ne participait plus aux nourritures de ce monde. L'obscur ennemi dont parle Baudelaire, ce temps «qui mange la vie» et qui «du sang que nous perdons croît et se fortifie», se condensait, se matérialisait au chevet de Proust déjà plus qu'à demi engagé dans le non-être, et devenait ce champignon énorme et proliférant, nourri de sa propre substance, son oeuvre: Le Temps retrouvé."
Violet Schiff*
"L'étrange enchantement des nuits passées avec Marcel Proust nous a inspiré la conviction qu' aucun entretien diurne n'aurait pu avoir le même charme. [...] Rien de ce qu'il disait n'était insignifiant ou banal. Non qu'il fût tout le temps sérieux. Sa satire mordante ne provoquait nul sentiment de tristesse ou d'amertume. Il se mettait en scène dans sa conversation comme il le faisait dans ses livres, mais il ne parlait pas de lui."
*Amis de Proust, Violet et Sydney Schiff formaient un couple d'Anglais riches, cultivés et cosmopolites. Mécènes des écrivains et des artistes, ils furent les hôtes de la grande réception (souper) donnée en soirée à l'hôtel Majestic le 18 mai 1922, à l'occasion de la première du ballet «Renard», dont l'invité d'honneur était Stravinsky, compositeur de la musique du spectacle. Les autres invités de marque étaient principalement Diaghilev, Picasso, Joyce et Proust.

CITATIONS D'OUVRAGES SUR PROUST
"Proust, jugea Violet, était un remarquable exentrique, et non l'insupportable mondain qu'on lui décrivait, un satiriste mordant aux dons éblouissants de causeur et non un ennuyeux bavard. Le sentiment initial d'avoir affaire à un être d'exception ne faisait que se confirmer quand on le connaissait mieux. Rien de moins mystérieux que l'impression produite par Proust sur ses contemporains à partir de 1918. Ce qui donne un caractère d'exception à son existence, c'est la conviction ardente qu'il avait de sa vocation d'écrivain, son dévouement total à son art impliquant un renoncement à la vie de caractère presque masochiste. Mais si dès l'adolescence il a le sentiment confus de cette vocation, la force de celle-ci n'est devenue évidente qu'une fois qu'il eut maîtrisé ses doutes et ses craintes, vers la quarantaine."
-Richard Davenport-Hines, Proust au Majestic, Grasset, 2008, p.70 (traduit de l'anglais par André Zavriew)

[Portrait: «Proust» par Jacques-Émile Blanche]

vendredi, août 10, 2007

Chateaubriand ou la contradiction

Je me décide enfin à écrire sur Chateaubriand (1768-1848)! Il y a fort longtemps que je songeais à lire les célèbres «Mémoires d'outre-tombe». Je différais cette lecture à cause d'une certaine difficulté à pénétrer l'univers mental du grand homme. Depuis, j'ai mûri, littérairement parlant! Je commence enfin à goûter sa prose! Ces mémoires sont constituées de quatre parties composant 44 livres, plus un «supplément» documentaire. La dernière phrase de cette autobiographie est saisissante et prophétique: "Il est six heures du matin; j'aperçois la lune pâle et élargie; elle s'abaisse sur la flèche des Invalides à peine révélée par le premier rayon doré de l'Orient; on dirait que l'ancien monde finit et que le nouveau commence. Je vois les reflets d'une aurore dont je ne verrai pas se lever le soleil. Il ne me reste qu'à m'asseoir au bord de ma fosse; après quoi je descendrai hardiment, le crucifix à la main, dans l'éternité." Wow! Ce n'est pas mal du tout! Monsieur Chateaubriand avait le sens de la formule! Les «Mémoires d'outre-tombe» sont encore et toujours considérées comme le maître-livre de Chateaubriand. Au début, il est question de son enfance bretonne; ensuite, il évoque la période révolutionnaire en France, puis le voyage américain, qui sera suivi de l'exil anglais. Enfin, c'est le retour en France! Dans le livre douzième, Chateaubriand n'oublie pas de nous faire part de l'importance qu'a eue l'Angleterre dans sa formation intellectuelle et littéraire. Plus le récit de sa vie avance, plus le personnage privé et le personnage public de l'auteur «s'interpénètrent»! On pense à la période consulaire et impériale. Il nous informera de ses démêlés avec Napoléon et des principaux épisodes de sa vie littéraire. Sous la Restauration, il traite de son action politique, ainsi que de ses grandes amitiés et ses relations littéraires. En passant, tout le livre vingt-neuvième est centré sur la personne de Madame Récamier! C'est révélateur sur son importance dans sa vie!
Ses relations de voyage comptent parmi ses plus belles pages! Dans le livre quarante-quatrième, il ose des réflexions «prophétiques» sur l'avenir du monde relayant la fin du «vieil ordre européen». Il relate les progrès de l'individualisme et le déclin de la société. Chateaubriand envisage ensuite un système «idéal» alliant monarchisme, christianisme et démocratie, rien de moins! Dans sa conclusion, il fait la récapitulation de sa vie.
Son autre grande oeuvre est «Le Génie du christianisme». C'est une immense réflexion sur l'originalité de la religion chrétienne. Son style y performe à son meilleur! Peut-être ambitionnait-il de reprendre sous une nouvelle forme l'«Apologie de la religion chrétienne», ouvrage inachevé de Pascal qui nous est parvenu sous l'état de notes qu'on a regroupées pour les éditer sous le titre immortel de «Pensées». Sans atteindre la profondeur de réflexion de Pascal, le livre a eu une immense portée en ranimant la foi de nombreux fidèles qui avaient relaché la pratique religieuse à la suite des convulsions révolutionnaires de la fin du siècle précédent. Dans la première partie, Chateaubriand commence par y traiter du lien nécessaire entre la foi et le sentiment de la nature. C'est toutefois les deuxième et troisième parties de l'oeuvre qui en sont le noyau, soit Poétique du christianisme et Beaux-arts et Littérature. Pour notre auteur, le christianisme trouve sa justification spirituelle dans sa dimension esthétique, car lui seul (mieux que toute autre spiritualité, philosophie ou mythologie) a su pénétré les secrets de l'âme et de la nature, nourissant ainsi l'inspiration poétique. Dans la quatrième et dernière partie, Chateaubriand tente de démontrer que le christianisme, de par sa vocation créatrice, s'avère historiquement comme la source irremplaçable du progrès de la civilisation. Selon moi, la thèse se vérifie, mais en partie seulement. On n'a qu'à penser aux profondes réticences de l'Église catholique à accepter les avancées de la science, celles-ci contredisant souvent les croyances chrétiennes. On en revient toujours à l'éternel débat entre Foi et Raison! Nonobstant les thèses contestables, il s'agit d'une oeuvre brillante sur le plan littéraire! C'est une raison suffisante, je crois, pour qu'elle soit lue par le lecteur assoiffé de beauté poétique à l'intérieur de la spiritualité!
Il ne faut pas perdre de vue que Chateaubriand se sait être une personne contradictoire, et l'admet volontiers! Par exemple, il est obsédé par la gloire, mais en même temps, il la trouve méprisable. Est-ce de la pose, ou est-il sincère? À chaque lecteur de fournir sa propre réponse! Une chose est sûre: Chateaubriand, par sa prose remarquable, nous invite à entamer une réflexion sur le sens de l'existence et la place qu'y occupe notre propre vie! C'est considérable!
[Portrait: «Chateaubriand» par Girodet]

mardi, août 07, 2007

«Madame Récamier»

Madame Récamier (1777-1849), dont la beauté et l'intelligence étaient reconnues par tous, a tenu un salon très couru. Elle était même la «star» de son temps! On s'en souvient surtout comme ayant été la maîtresse de Chateaubriand (le chanceux!) . Son nom complet à la naissance était «Jeanne Françoise Julie Adélaïde Bernard». Elle a épousé un riche banquier de Paris nommé Monsieur Récamier. Sa meilleure amie était Madame de Staël. Comme on voit, elle était l'intime de personnages de valeur!
Ce portrait de François Gérard, dont on voit le détail principal, date de 1802 (elle avait alors 25 ans!). C'est celui qui nous la montre le mieux dans toute sa splendeur! Elle y est magnifique! Une réussite dont elle s'est félicitée! Probablement le plus célèbre tableau de Gérard! Et pour cause!
En plus d'être très belle, Madame Récamier avait une solide culture et un talent musical certain! Tout cela fait qu'on ne peut cesser d'admirer son portrait sans se dire qu'on aurait aimé la connaître personnellement, et même faire partie de ses intimes! Voilà tout le mérite de ce tableau: nous faire rêver sur un personnage réel! Qui dit mieux?

mercredi, août 01, 2007

«Horace»

ROMAN DE GEORGE SAND
«Horace» est un roman extrêmement intéressant de George Sand, et il est magnifiquement écrit! C'est l'histoire d'un jeune homme (Horace Dumontet) racontée par son meilleur ami, Théophile. Horace est un être ambitieux, à l'intelligence vive, mais peu persévérant quant aux moyens à prendre pour atteindre ses objectifs. Son idéal de vie se heurte brutalement aux nécessités de la vie quotidienne. Théophile le déplore, lui qui maîtrise mieux ses émotions et possède un sens pratique beaucoup plus développé.
Horace arrive tout de même à vivre une belle histoire d'amour avec Marthe, jeune femme belle et intelligente. Toutefois, la réalité du quotidien mettra cette passion réciproque à rude épreuve. Marthe, ne voyant pas d'autres issues, finira par quitter son amant, dont l'ingratitude la peine beaucoup. Heureusement pour elle, c'est Paul Arsène, un homme beaucoup plus raisonnable et sincère dans ses sentiments, qui lui succédera dans son coeur. Pendant ce temps, Horace vit une liaison «intéressée» avec la vicomtesse de Chailly, femme superficielle. Inévitablement, cette liaison se terminera dans l'aigreur mutuelle de nos deux protagonistes. Le couple de Marthe et Paul s'avèrera beaucoup plus solide, parce qu'harmonieux. Après s'être débattus dans une grande misère, ceux-ci parviendront à une aisance matérielle bien méritée! Ils élèveront dans l'harmonie l'enfant d'Horace. Quant à celui-ci, il trouvera le courage de terminer son Droit et ira le pratiquer en province, où il acquerra une certaine paix intérieure.




mercredi, juillet 25, 2007

Raphaël ou la perfection

«Vierge au voile» (16e siècle), par Raphaël
Cette peinture de Raphaël est sublime de beauté! Il pourrait bien s'agir du plus beau tableau du monde! En effet, l'harmonie des couleurs y est incomparable! De plus, la scène est touchante: la Vierge Marie soulève le voile couvrant l'Enfant Jésus dormant paisiblement. Son cousin, le jeune saint Jean-Baptiste, observe la scène avec attendrissement. Que dire de plus pour décrire ce tableau, sinon qu'il atteint la perfection? Que Raphaël ait vécu et peint, vraiment le plaisir de vivre en a été augmenté! Il mérite amplement le titre de plus grand peintre italien!

mardi, juillet 24, 2007

«Fils unique»

ROMAN DE STÉPHANE AUDEGUY
Ce deuxième roman de Stéphane Audeguy m'a résolument impressionné! D'abord par l'écriture, qui est d'une précision de maître-horloger! Il s'inspire de la langue française du 18e siècle, mais sans la calquer. À ce propos, il fait preuve d'une maîtrise peu commune dans le «maniement» de la langue écrite! Ça m'a plu énormément!
Il s'agit, dans ce livre, de l'autobiographie fictive du frère aîné de Jean-Jacques Rousseau, François, qui a quitté le foyer paternel alors qu'il était encore mineur.
On ignore pourquoi Jean-Jacques ne fait que mentionner son existence au début de ses «Confessions». Il a pourtant grandi à ses côtés dans sa jeune enfance. Peut-être avaient-ils des caractères diamétralement opposés? Qui sait?
En tout cas, Stéphane Audeguy fait le pari (réussi) de recréer cette vie inconnue du frère aîné de Jean-Jacques. Lorsqu'on entreprend ce livre, on reste «accro», tellement il est difficile d'interrompre cette lecture passionnante!
La sexualité (dimension fondamentale de la nature humaine) y tient une place importante. On y apprend beaucoup sur les moeurs cachés de l'époque. C'est un roman audacieux et, de ce fait, fascinant! À lire absolument!

mercredi, juillet 18, 2007

Sensualité mythologique

«Vénus et Cupidon» (avant 1545),
par Agnolo Bronzino
Cette scène mythologique est une merveilleuse célébration de la Beauté! Bronzino est un amoureux du corps humain! Ce tableau en est la preuve! J'apprécie particulièrement le fait que ce grand peintre a compris la pertinence de rendre bien nettement la beauté des pieds de Vénus: peu d'artistes y ont attaché de l'importance! Bronzino, lui, l'a saisie! Les beaux orteils effilés de ces superbes pieds donnent envie de les «goûter» un à un! De plus, la carnation des corps est sublime! J'adore! Une réussite totale!

L'érotisme à l'état pur!

«L'Odalisque brune» (1743-1745),
par François Boucher
Une pure merveille de François Boucher! Peut-être le plus beau postérieur féminin jamais peint! Le 18e siècle français excelle à célébrer en peinture la beauté de la femme! L'oeuvre de François Boucher en est un des meilleurs exemples! Ici, plus question de personnage mythologique, mais d'une femme bien humaine et bien en chair! Une réussite parfaite! Le sommet érotique de ce grand peintre!

samedi, mai 26, 2007

Sur George Sand

Elle s'appelait Aurore Dupin de Francueil. Pour des raisons d'ordre familial, elle a dû se choisir un nom de plume. C'est sous celui-ci qu'elle s'est rendue célèbre: George Sand (1804-1876), la Grande Dame des Lettres françaises! Je me réjouis qu'on la redécouvre aujourd'hui! Enfin, on ne la limite plus à ses romans champêtres!
Je sais qu'elle admirait beaucoup Jean-Jacques Rousseau, sachant toutefois faire la part des choses entre ses grandeurs et ses faiblesses. C'est peut-être après avoir lu «Les Confessions» qu'a germé en elle l'idée d'écrire un jour sa propre vie! Son autobiographie, «Histoire de ma vie», est, à mon avis, un chef-d'oeuvre de la prose française! À propos de ces mémoires, qui n'ont rien à envier à ceux de Jean-Jacques, voici ce qu'elle y écrit au début: "Je ne pense pas qu'il y ait de l'orgueil ou de l'impertinence à écrire sa propre vie, encore moins à choisir, dans les souvenirs que cette vie a laissés en nous, ceux qui nous paraissent valoir la peine d'être conservés." Réjouissant comme vision! Dans la même oeuvre, elle écrit, concernant la musique: "La musique est une langue universelle qui me jette dans des extases et des ravissements qui ne sont pas de ce monde." Cela nous prouve que sa sensibilité, comme tous les créateurs de génie, était très grande!
Étant femme, George Sand a dû toute sa vie s'affirmer contre vents et marées pour être reconnue pleinement comme écrivaine; la littérature étant vue à l'époque comme une chasse-gardée masculine. Elle dérangeait tellement qu'on l'a traînée dans la boue en la traitant de tous les noms (ex.: «vache à romans», «cabotine», «latrine», «goule»). On est sidéré aujourd'hui par la virulence des attaques, à l'époque! Dans le même ordre, le Saint-Office de l'Église catholique a relégué toute son oeuvre à l'index en 1863. On la considérait immorale! En fait, on lui reprochait de dénoncer trop ouvertement certaines aberrations en matière religieuse. Heureusement, le génie finit toujours par s'imposer! Le Temps, non seulement lui a donné raison, mais l'a couronnée en tant que grand auteur!
Ses romans et nouvelles reliés au monde des arts sont des joyaux quant au style et à la finesse de l'observation psychologique.
N'oublions pas qu'elle a fréquenté les plus grands créateurs de son temps, qui ont tous reconnu en elle une égale: Balzac, Dumas père et fils, Flaubert, Gautier, Musset, Tourgueniev, Liszt, Chopin, Delacroix et plusieurs autres. C'est à vous donner le vertige! De plus, il est à souligner qu'elle a beaucoup contribué, par son oeuvre et ses actions, à l'émancipation des femmes! Une avant-gardiste du mouvement féministe!
Ce n'est pas fortuit si Marcel Proust traite de ses oeuvres au début et à la fin d'«À la recherche du temps perdu». Elle a marqué l'enfance du Narrateur. Dans «Du côté de chez Swann», il écrit: "Je n'avais jamais lu encore de vrais romans. J'avais entendu dire que George Sand était le type du romancier. Cela me disposait déjà à imaginer dans François le Champi quelque chose d'indéfinissable et de délicieux." Plus loin, parlant de sa mère, il poursuit: "De même, quand elle lisait la prose de George Sand, qui respire toujours cette bonté, cette distinction morale que maman avait appris de ma grand'mère à tenir pour supérieures à tout dans la vie, [...], elle fournissait toute la tendresse naturelle, toute l'ample douceur qu'elles réclamaient à ces phrases qui semblaient écrites pour sa voix et qui pour ainsi dire tenaient tout entières dans le registre de sa sensibilité." Que c'est beau! Et très touchant! Quel bel hommage!
Une fois adulte, c'est elle aussi qui lui fait prendre conscience de sa vocation d'écrivain. Le Narrateur écrit:"Cet étranger c'était moi-même, c'était l'enfant que j'étais alors, que le livre [François le Champi] venait de susciter en moi, car, de moi ne connaissant que cet enfant, c'est cet enfant que le livre avait appelé tout de suite, ne voulant être regardé que par ses yeux, aimé que par son coeur, et ne parler qu'à lui. Aussi ce livre que ma mère m'avait lu haut à Combray presque jusqu'au matin avait-il gardé pour moi tout le charme de cette nuit-là."
Plus loin, notre Narrateur poursuit ses réflexions nostalgiques:"[...] si je reprends, même par la pensée, dans la bibliothèque, François le Champi, immédiatement en moi un enfant se lève qui prend ma place, qui seul a le droit de lire ce titre: François le Champi, et qui le lit comme il le lut alors, avec la même impression du temps qu'il faisait dans le jardin, les mêmes rêves qu'il formait alors sur les pays et sur la vie, la même angoisse du lendemain."
Donc, George Sand révèle au Narrateur jeune le monde de la Littérature et, une fois adulte, lui confirme sa vocation d'écrivain en «réveillant» en lui le souvenir capital relié à la lecture de «François le Champi» par sa mère! Très fort!
De George Sand, tout est à lire: romans, nouvelles, articles, correspondance et autobiographie. Je mentionnerai tout de même quelques oeuvres de fiction qui ont établi la renommée littéraire de notre auteure: «La Mare au diable», «François le Champi», «La Petite Fadette», «Indiana», «Lélia», «Consuelo», «La Comtesse de Rudolstadt», «Mauprat», et «Nanon».
Personnellement, j'ai beaucoup apprécié les titres suivants: «La Marquise», «Les Maîtres mosaïstes», «Pauline» et «Horace».
Voici enfin quelques biographies qui aideront le lecteur à mieux connaître et comprendre cette femme extraordinaire:
-Lélia ou la vie de George Sand, par André Maurois
-George Sand, par Francine Mallet
-George Sand ou le scandale de la liberté, par Joseph Barry
-George Sand la somnanbule, par Hortense Dufour.
Pour mieux comprendre sa vision des choses, j'aimerais maintenant donner deux citations de George Sand sur sa conception de l'Art.
"L'art n'est pas une étude de la réalité positive; c'est une recherche de la vérité idéale." [in La Mare au diable]
"L'art est une démonstration dont la nature est la preuve." [in François le Champi]
George Sand adorait la vie; elle la vénérait! Sa vie comporte quelques grandes passions amoureuses. Toutefois, ce qu'elle considérait par-dessus tout, c'est l'amitié et la littérature. Voici ce qu'elle écrivait sur l'amitié au début de son roman «Horace». "Les êtres qui nous inspirent le plus d'affection ne sont pas toujours ceux que nous estimons le plus. La tendresse du coeur n'a pas besoin d'admiration et d'enthousiasme: elle est fondée sur un sentiment d'égalité qui nous fait chercher dans un ami un semblable, un homme sujet aux mêmes passions, aux mêmes faiblesses que nous. La vénération commande une autre sorte d'affection que cette intimité expansive de tous les instants qu'on appelle l'amitié. [...] Mais le plus doux de tous les sentiments humains, celui qui s'alimente des misères et des fautes comme des grandeurs et des actes héroïques, celui qui est de tous les âges de notre vie, qui se développe en nous avec le premier sentiment de l'être, et qui dure autant que nous, celui qui double, étend réellement notre existence, celui qui renaît de ses propres cendres et se renoue aussi serré et aussi solide après s'être brisé; ce sentiment-là, hélas! ce n'est pas l'amour, vous le savez bien, c'est l'amitié." Voilà une vision très touchante de ce beau sentiment, n'est-ce pas? En fait d'amitié, justement, voici ce que disait d'elle un ami très cher, Alexandre Dumas père: "Génie hermaphrodite, qui réunit la vigueur de l'homme à la grâce de la femme; qui, pareille au Sphinx antique, vivante et mystérieuse énigme, s'accroupit aux extrêmes limites de l'art avec un visage de femme, des griffes de lion, des ailes d'aigle." Portrait coloré, mais ô combien admiratif, par l'auteur du «Comte de Monte-Cristo»! C'est ici un bel exemple d'interpénétration entre l'amitié et la littérature, une sorte de synthèse de George Sand et de son action créatrice! Car, précisément, cette Grande Dame nous invite, en la lisant, à partager son bonheur de vivre! Elle propose à chacun de trouver et de réaliser sa propre vocation! Soyez-en remerciée, Madame Sand!

mercredi, mai 16, 2007

La perfection en peinture!

COMTESSE D'HAUSSONVILLE (1845), par Ingres
Cette peinture du maître suggère d'abord un seul mot: perfection! C'est tout dire!
Le modèle est née "Louise-Albertine de Broglie". Elle était la petite-fille de Madame de Staël: ce n'est pas rien! La comtesse d'Haussonville était une femme du monde qui s'est distinguée comme historienne.
Ingres l'a immortalisée par ce portrait qui s'avère un chef-d'oeuvre absolu! On passerait des heures à l'admirer! Merci, monsieur Ingres!

La belle boudeuse

K.B. POUR INGRES (2006), par Alex Kanevsky
Voilà un hommage contemporain à Ingres dont la facture est bien différente du maître! Kanevsky est un peintre d'origine lithuanienne. Son style donne l'impression qu'on regarde le modèle à travers une lentille épaisse légèrement déformante. Le résultat s'avère fort intéressant! Ce nu féminin est un autre hommage réussi au corps de la femme.

La belle dormeuse

LA BELLE RAFAËLA EN VERT (1927),
par Tamara de Lempicka
Une peinture magnifique de cette grande artiste qu'est Tamara de Lempicka! Son style profondément original l'a imposée comme l'une des grandes figures de l'Art du 20e siècle. Ses nus féminins donnent une vision nouvelle du corps de la femme. On ne peut que s'incliner devant son génie artistique!